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QUEBEXPORT
en collaboration avec le Musée Marius-Barbeau, présentent :
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La CÉRAMIQUE DE BEAUCE

50 ans d'aventure industrielle en Beauce
Toutes les photos sont clicables pour agrandissement

L'histoire de la Céramique de Beauce Inc. s'inscrit dans la grande aventure industrielle de la Beauce. Durant un demi-siècle, de 1939 à 1989, cette entreprise beauceronne a diffusé l'image volontaire de l'innovation en implantant la production d'un art utilitaire industrialisé: la poterie.

Au fil des ans, la mise en marché des produits céramiques de la Beauce a transgressé le territoire immédiat et rapidement atteint les marchés canadien, américain et européen. La Céramique de Beauce Inc. demeure un exemple frappant de la retentissante évolution de l'entreprenariat beauceron.
 
 

Un vieux tour à pieds qui a été utilisé au tout début de l'entreprise pour tourner les première pièces en terre rouge. 
En 1975,
 l'artiste et maître-potier, Antoine Jacques, pris la direction d'un departement de production  à la main. Il fabriquait des pièces uniques à la mode d'autrefois. Le vieux tour recommença une nouvelle carrière ! 
Si vous avez de la chance, vous pourriez retrouver des assiettes dont les dessins sont faits à la main. Il y a peut-être la signature du maître ?
Cliquez sur la photo et vous verrez mieux celles qui sont sur la table du tour.

Parodoxalement, on doit la naissance de la Céramique de Beauce à la volonté populaire de maintenir sa vocation agricole au territoire, d'arrêter l'exode rural de la jeune main-d'œuvre vers les grands centres industriels et de solutionner le problème épineux de l'emploi en région. L'agronome J.-W. Marceau de Beauceville, inquiet et concerné par la question, s'intéresse au gisement de silice localisé sur les terres de M. Gédéon Doyon de Saint-Joseph, la "mine à Gustin Pierrot". Il commande au ministère de l'Agriculture l'analyse hâtive des échantillons d'argile prélevés sur le site. Les résultats sont concluants : la qualité exceptionnelle de cette argile rouge en ferait un excellent matériau à tournage de poteries. Il n'en fallut pas plus pour que germe le projet d'initier un programme de formation en techniques de céramique appliquée auprès des jeunes agriculteurs beaucerons.



Le 29 août 1940, trente-trois fils d'agriculteurs signent la demande d'incorporation du "Syndicat des céramistes paysans de la Beauce". L'appellation est évocatrice, elle coalise le double engagement des adhérants: le travail agricole en haute saison et l'apprentissage des techniques céramiques en hiver par l'exploitation du gisement local de la rivière Callway, à St-Joseph. 
La formation spécialisée d'une durée de trois ans est subventionnée par le Service des arts domestiques rattaché au ministère de l'Agriculture et mise en vigueur dès la fin du moins d'octobre 1940 dans les locaux du sous-sol du Collège du Sacré-Cœur de Beauceville. Les frères maristes dispensent les cours académiques tandis que M. Willie Chochard, expert-céramiste d'origine suisse assisté de l'artiste et chimiste M. Raymond Lewis, est délégué par le gouvernement du Québec à la direction de l'enseignement céramique. La compétence technique de l'école européenne alliée à l'expérience étoffée des matériaux canadiens influencèrent la qualité de l'enseignement et établirent la distinction de la poterie beauceronne déjà lancée dans les créneaux artistiques de l'élégance se mariant à la solidité.

En 1942, l'exguité des locaux du collège de Beauceville oblige la classe d'apprentis céramistes à construire des ateliers de dépôt et d'exposition à Saint-Joseph, près des gisements de glaise de la rivière Callway. L'occupation de ce site se termina avec la clôture du premier programme de formation où douze fervents candidats manifestèrent leur désir d'exercer la profession de céramiste à temps complet.
 
 

Dès 1943, ils constituèrent leur association coopérative et décidèrent de lancer leur production sur une base industrielle. Le gouvernement, se portant acquéreur de l'usine de chaussures désaffectée de la compagnie Albert Laliberté Ltée, permit à la nouvelle entreprise d'occuper les locaux adjacents à la nouvelle école de céramique de Saint-Joseph. L'emplacement de l'industrie demeura inchangée jusqu'à sa fermeture en 1989 malgré l'abandon du programme d'apprentissage céramique et la cession subséquente de l'école en 1964.
L'usine en 1970, avant l'incendie (1974)
 

On voit ici des pièces fabriquées entre 1959 et 1974. Dans les premières années de production mécanisée, on retrouvait beaucoup de vase à fleurs, de cendriers, théières...
 

La période s'échelonnant de 1965 à 1974 cristallise l'activité de toutes les sphères de production, établit définitivement la renommée de l'entreprise et fixe la cadence de la mise en marché influencée quasi exclusivement par deux types de clientèle: les manufacturiers et les grossistes. Elle est introduite le 18 août 1965 par le changement de la raison sociale du "Syndicat des céramistes paysans de la Beauce" à celle de "Céramique de Beauce" qui se dote du sigle "cb" gravé sur chacune des millions de pièces produites annuellement.

L'effervescence économique et le foisonnement artistique de cette époque sont remarquables. La Céramique de Beauce fournit la moitié canadienne et c'est la plus importante en son genre au Canada. La production à la demande satisfait une clientèle manufacturière qui gouverne entre autres le volume du marché des bases de lampe et la clientèle des grossistes qui privilégient l'originalité, le design et la variété des poteries sans cesse renouvelée par la démesure des mouvements sociaux. La vive influence des événements comme l'Expo 67 catalyse l'ouverture sur le monde entier. En effet, l'industrie se met à produire des services à fondue de toutes sortes, des plats à escargots, des bols à soupe à l'oignon, des cocottes, etc… autant de produits nouveaux dont la tradition est extérieure à l'espace québécois mais qui reflètent bien l'appropriation des tendances modernes.


Désespoir : L'incendie !

Le 21 janvier 1974, la Céramique de Beauce est la proie des flammes. La déflagration coondamne l'industrie à sa perte quasi totale au moment où la production annuelle atteint 2,300,000 pièces, un chiffre d'affaires de plus de 1,500,000 dollars et procure 135 emplois. Mais la vitalité des Beaucerons permettra la réouverture de l'entreprise construite à neuf dès l'année suivante. En juin 1975, la reprise de la production est orientée vers la satisfaction des marchés de l'hôtellerie, du commerce au détail et de la publicité principalement. Les conditions modernes et écologiques de la fabrication, la réalisation d'un produit de distinction et de haute qualité et l'utilisation d'un matériau amélioré qui permettra d'offrir une poterie blanche, font passer l'entreprise au premier rang des céramiques canadiennes. L'expansion rapide attire les investisseurs étrangers. En 1985, l'industrie est vendue à une société montréalaise et, pour la première fois depuis 45 ans, les Beaucerons ne dirigent plus cette entreprise qui fit connaître si noblement cet art du feu.

L'arrivée des artisans potiers dans l'industrie à titre de designers catalyse la mission artistique dont elle s'est dotée depuis l'origine. Leur venue crée des ponts entre la solitude esthétique de la création manuelle du pièce à pièce et l'accessibiliité multipliée qu'offre le mouvement mécanique qui décuple la production originale et rejoint ainsi un public plus nombreux.
Cette jonction des approches incite des artistes, potiers, modeleurs et céramistes, à s'associer à la Céramique de Beauce Inc.


Jean Cartier et Jacques Garnier 
proposent une production robuste, tributaire de la tradition paysanne, où les textures plutôt râpeuses mais tantôt lisses, les couleurs naturelles parfois rompues par des glaçures éclatantes et les formes généreuses et galbées font vibrer les sens esthétiques de l'œil et du toucher. Leur alliance commerciale à l'industrie donne un sens contemporain à leur création désormais soumise à la fabrication mécanique mais incessamment contrôlée à toutes les étapes par l'œil vigilant du créateur. On leur doit la conception de plusieurs collections novatrices et des pièces exclusives comme les renommées cocottes d'argile qui viennent bonifier une production utilitaire aux lignes harmonieuse de 1970 à 1974..

On voit ici des pièces publicitaires: un camion de livraison, des chopes à bière et des pots pour le sirop d'érable..
Cliquez sur la photo pour une meilleure visualisation...

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L'outillage rudimentaire auquel étaient habitués les céramistes fit place graduellement aux équipements plus perfectionnés dont une calibreuse, quatre fours neufs alimentés à l'électricité, un séchoir à l'infrarouge, etc. La période de rodage de l'entreprise s'installe. C'est le début de la numérotation des pièces et l'organisation précaire de la production en séries. 

Mais la qualité du matériaux argileux ne suffit plus à satisfaire le type de production initié ; la glaise rouge de la Callway ne contient pas assez de silice et s'effondre à la cuisson. On prépare alors un nouvel amalgame en important le kaolin de la Géorgie. Les exigences du marché évoluant, on délaisse dès 1950 la terre rouge locale cuite à 1922oF pour un composé de terre blanche cuite à 2014oF qui offre un produit plus vitrifié. Cet alliage, dit-on, possède un corps digne de la compétition mondiale et attire la clientèle marchande et les grossistes. L'expansion de l'entreprise va bon train et oblige des agrandissements successifs en 1959, 1962 et 1965 car la production s'intensifie, dynamisée par l'ouverture des marchés de l'exportation.
 
 

Aujourd'hui, les pièces de poterie de la Céramique de Beauce Inc. s'exposent à l'intérêt grandissant des collectionneurs qui sillonnent les allées des marchés aux puces et les combles des antiquaires un peu partout au Québec, au Canada, aux États-Unis et même outre-mer. Il devient, par le fait même, inéluctable voire urgent d'initier la mise en valeur et la conservation de ces objets du patrimoine industriel beauceron, symboles féconds de l'histoire d'une population active et créative.

Comment évaluer l'âge de vos pièces :



 
 
 Ainsi, le Musée Marius-Barbeau crée un fonds de conservation des objets reliés à l'histoire des activités de production de la Céramique de Beauce Inc. Non seulement pour redonner sa complicité territoriale à l'objet, mais pour que ne tombe dans l'inertie la mémoire des gestes qui ont contribué à l'évolution et à reconnaissance du peuple beauceron qui veille, lui aussi, à l'ouverture des portes du troisième millénaire.

 La plupart des textes sont la gracieuseté du Musée Marius-Barbeau, nous en remercions la direction. 


Le Musée Marius Barbeau est le plus
important 
musée en Beauce

MUSÉE MARIUS BARBEAU
139, rue Ste-Christine
Saint-Joseph (Beauce)
G0S 2V0
TEL.: +1 (418) 397-4039
FAX: +1 (418) 397-6151
 

Les photos couleur sont une production des Sites QUEBEXPORT.COM et ont été prises lors de la dernière exposition du Musée Marius Barbeau, consacrée à la Céramique de Beauce. Les photos en noir et blanc ont été récupérées à partir d'un montage-photos du "Studio Vachon" datant de 1970. Je crois que cette exposition devrait être louée à d'autres musées afin de vous donner la possibilité de voir ces magnifiques créations. Demandez-la à votre bibliothèque ou votre musée.

AUTRE SITE À VISITER:
vous y trouverez des galeries de photos,
un catalogue et beaucoup plus !
http://pages.infinit.net/cerame/



Jean-Paul Roy
(1940) 
 

Je remercie également mon père, Jean-Paul Roy, qui me permet de répondre aux nombreuses questions qui me sont fréquemment posées sur le ouèbe. Il  est un des douze étudiants-fondateurs et un de ceux qui y ont cru jusqu'au bout.
En 1975, Monsieur Damien Doyon vous recevait au magasin qui offrait, au détail, les produits directement à et de la manufacture. 
Des centaines d'autobus, de voyages organisés et des milliers d'amateurs et touristes venaient, à chaque année, visiter et acheter les précieuses poteries.
Vous rappelez-vous de cet homme qui vous souhaittait la bienvenue?
Il sera heureux de le faire encore, virtuellement cette fois, par le biais de sa fille, Diane, une grande amie...

Damien
Doyon
(1941)
 

 


 

VOICI LES ARTISTES ET ARTISANTS DE CETTE MERVEILLEUSE AVENTURE.
PLUSIEURS Y ONT CRU JUSQU'À LA FIN, EN 1989.



 
 
 
 
 
 
 


Willie Chochard (1940) 
Arsène Poulin (1940)
Il fut président durant plusieurs années.
C'était le grand patron du magasin de détail...
De nombreux visiteurs l'ont bien connu.

 
Raymond Bouret (1959)
 
François Grenier (1941)

 
Jean-Louis Lessard (1940)
Louis-Marie Labbé (1940) 

 
Walter Grenier (1959) 
C'est lui qui a donné un bonne partie 
des nombreuses informations au Musée
Marius Barbeau, utilisé pour monter cette page,
Merci beaucoup !
Philipe Lambert (1940)
"Celui-là même qui a sculpté ou tourné la majorité des prototypes qui ont servi à la fabrication des moules à partir desquels les pièces en
céramique étaient fabriquées."

 
Jean-Louis Lambert (1940)  Gaston Maheux (1961)

 
Raymond Marcoux (1960)  Antoine Jacques (1940)

Vous pouvez communiquer à l'adresse suivante :

ceramique@quebexport.com


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Dernière mise à jour le 23 octobre1999
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